De la pédagogie entrepreneurs à la création de BestValue

Mis à jour le 31-03-2016 - actualite

En 2006, Bernard Surlemont, Professeur d’entrepreneuriat à l’Université de Liège, m’a proposé d’assumer la responsabilité d’une mission dans un nouveau programme de master complémentaire à HEC-ULg.

Sans lui en faire réellement part, je m’étonnais de deux choses :

- Pourquoi me confier la mission « vente et négociation » alors que je suis un financier de formation, qui a seulement fait du business et du commercial par hasard, sans la moindre formation théorique en vente ou en négociation ? 

- Comment puis-je accepter cette responsabilité alors que je suis un adepte des hardskills, dédaigneux des softskills, dans le cadre d’un enseignement universitaire ?

J’ai dû négliger ces deux dilemmes en me rassurant par le fait que je pourrais transmettre aux étudiants mon insatiable goût pour l’entrepreneuriat et l’indépendance.

Il m’a fallu des années pour comprendre pourquoi et comment je n’avais jamais eu de patron. Est-ce parce que je déteste recevoir des ordres ou parce qu’aucun patron n’aurait supporté mon indépendance ? Si j’avais épousé la carrière d’employé ou de cadre, ce à quoi mes études me prédestinaient, j’aurais été un intrapreneur. Mais il y a 30 ans, ce concept était bien peu répandu. L’employé devait obéir aux ordres donnés par le chef. Accomplir des tâches de la manière dont il en avait été décidé par d’autres. Pas possible pour moi !

Le doute scientifique et l’analyse mathématique des situations ont toujours guidé mes raisonnements. J’ai longtemps cru que la seule manière de former des intellectuels était de leur faire étudier un maximum de matières complexes, de leur faire résoudre des problèmes scientifiques. Pas de place pour les softskills : apprenez à apprendre, réfléchissez, et si la solution que vous proposez à un problème est scientifiquement exacte, elle ne peut que s’imposer.

Un responsable d’un organisme de financement des entreprises en difficulté que je sollicitais pour un de mes clients m’a un jour fortement énervé et aussi … ouvert les yeux. Alors que je lui présentais un plan financier en béton, avec des tableaux de chiffres et des analyses aussi poussées qu’indigestes, il m’a dit : « Monsieur, on se fout de vos chiffres, racontez-nous une histoire ! ». Je suis parti furieux, bredouille et l’entreprise n’a pas été sauvée. J’ai attribué cet échec à la bêtise poétique de ce fonctionnaire. Aujourd’hui, j’ai compris. Une entreprise est une histoire d’hommes, les chiffres ne sont que la conséquence de leur travail, pas le contraire. L’histoire que ce fonctionnaire voulait que je lui raconte était celle du patron de cette entreprise et de son personnel. Si cette équipe était capable de corriger ses erreurs, elle se redresserait, indépendamment de mes tableaux de chiffres. 

J’avais négligé les softskills ! Si je reste convaincu de l’importance des hardskills, ils ne suffisent pas.

Le master complémentaire HEC-ULg-Entrepreneurs prend à mes yeux, enfin tout son sens. L’étudiant a pratiqué les hardskills au fil de son cursus de base. Pour devenir un entrepreneur il s’entraînera aux softskills pendant un an, confronté à des challengers avertis, des entrepreneurs.

Reconnaître ses erreurs n’est pas aisé pour un « matheux ». Pour que la pièce tombe, que la solution précipite, il faut un catalyseur puissant. Il y a quelques années, j’ai rencontré Robert Papin, parrain de HEC-ULg-Entrepreneurs, fondateur de la Pédagogie Entrepreneurs à HEC-Paris. Auteur d’ouvrages majeurs pour l’entrepreneuriat, la formation des jeunes et l’art de diriger. Robert Papin m’a donné le déclic. C’est lui mon catalyseur ! 

Il faut toujours un peu de chance dans la vie pour que les rêves se réalisent. Il se fait que comme je créais BestValue avec un étudiant HEC-Liège, Ianis Fourneau, en même temps, je rassemblais un groupe de réflexion composé d’amis expérimentés, soucieux de participer au redéploiement économique de notre région.

Ces « vieux » amis ont tous vécu des parcours entrepreneuriaux, basés sur des formations de haut niveau ; économistes, ingénieurs, juriste, et pour certains des MBA aux USA, à HEC Paris… Bref de hauts potentiels, précieux pour un projet qui se construit.

Trois faisceaux humains donc : Robert Papin, Ianis Fourneau et mes « vieux potes ».

BestValue est née de la conjonction de ces heureux hasards.

Dès la création, un autre jeune étudiant à HEC-Liège nous rejoint, pour son stage de fin d’études. Sélectionné parmi plus de vingt candidats, Antoine Renier. Après un stage et un mémoire brillant sur la valorisation des PME, Antoine devient aussi associé de BestValue en septembre 2015.

Dans cette entreprise atypique je veille à respecter les concepts de Robert Papin :

Une équipe jeune qui gère, dirige et prend ses responsabilités, au jour le jour,

- Une équipe de « vieux routards » qui apporte son expérience, son bon sens et ses techniques de management.


Il n’y a pas d’employé dans BestValue, seulement des associés, des hommes rémunérés en fonction de leurs performances : des Entrepreneurs !

Ianis et Antoine gèrent l’entreprise, les anciens et moi-même sommes à leur disposition pour les épauler, pas les diriger.

BestValue allie la technique financière pointue, l’expérience de la gestion d’entreprises sur le terrain, la jeunesse et son dynamisme.

En un an et demi, BestValue commence à s’imposer en Wallonie comme le cabinet de transmission d’entreprises, pragmatique, efficace et techniquement irréprochable.

L’aventure est loin d’être terminée… nous vous tiendrons au courant.

D’une pédagogie à une réalité : merci Bernard Surlemont et Robert Papin ! 

 

Auteur : Patrick Chalant

Associé fondateur de BestValue

Maître de conférences HEC-ULg Entrepreneurs

 

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