Je cherche une solution, comment structurer mes pensées pour y arriver ? Et pourquoi ne pas méditer ?

Mis à jour le 06-07-2015 - actualite

De notre manière de structurer notre pensée, nos raisonnements, nait la qualité des solutions, des conclusions auxquelles nous aboutissons. 

La culture germanique ne structure pas ses raisonnements comme l’esprit cartésien aime le faire. 

Qu’avons-nous à apprendre des différences entre la culture germanique et l’esprit cartésien ? 

Brève constatation : sans entrer dans trop de détails, remarquons que l’esprit cartésien est avant tout à la recherche de logique et nous incite à structurer notre discours, nos raisonnements en établissant bien, en examinant d’abord, les liens qui peuvent exister entre les éléments dont nous allons nous servir pour étayer nos propos et arriver à notre conclusion. Pour s’en convaincre, il suffit de compter le nombre de mots du style « car », « mais », « cependant », « parce que », « en outre », « d’ailleurs »,… que nous utilisons couramment. Le même texte en allemand ou en néerlandais, n’utilisera pas ou peu ces liens ; il se contentera d’énoncer les éléments retenus, réservant la structuration, la recherche de logique et l’argumentation au moment de l’énoncé des conclusions. 

Une première différence apparaitra donc dans la manière de conclure. Pour l’esprit cartésien, la qualité des liens entre les éléments et la discussion autour de ces éléments, suffiront largement à amener les conclusions, les solutions qui ne devront presque plus être défendues. Dans la culture germanique, la discussion ne commencera vraiment qu’au niveau des conclusions ; c’est là que l’argumentation trouvera sa place, c’est là que les liens entre les éléments seront examinés, c’est là que la recherche de logique se fera.

L’esprit cartésien, séduit par la qualité de son raisonnement, risque de ne pas remarquer que sa solution n’est pas ou peu pertinente. La culture germanique, s’enthousiasmant pour la beauté de la solution, risque de ne pas remarquer la faiblesse logique de son raisonnement. 

Une autre différence apparaitra dans la liberté dont on dispose pour retenir tel élément plutôt qu’un autre. Tous les éléments retenus pour étayer son discours devant être liés logiquement aux autres, l’esprit cartésien ne peut que très difficilement retenir un élément si ses liens avec les autres ne sont pas faciles à mettre en évidence (pas de digression, restons focus !). La culture germanique ne connait pas cette préoccupation. Elle dispose donc d’une bien plus grande liberté pour retenir ou non tel ou tel élément. Cela peut choquer l’esprit cartésien qui peut estimer que l’intuition a été privilégiée par rapport à la rigueur, mais c’est clairement un avantage. 

L’esprit cartésien, sûr de la logique reliant les éléments qu’il a retenus, entrera en discussion avec beaucoup d’assurance et pourrait refuser une solution préférable à celle qu’il propose, simplement parce que son argumentation est de meilleure qualité : l’intérêt du résultat peut parfois passer après la qualité de l’argumentation ! 

La culture germanique peut donner, surtout au cartésien, un sentiment de confusion, de manque de logique, de structure. L’enthousiasme face à la beauté de la solution peut faire oublier la nécessaire rigueur du raisonnement : la beauté de la solution n’implique pas nécessairement la qualité de sa performance. 

Le cartésien est-il condamné à ne retenir que les éléments qui peuvent être liés logiquement aux autres ? Non, bien sûr, mais il lui faut sortir de ses habitudes culturelles et cette démarche n’est pas naturelle. Un outil existe, simple et efficace, c’est la méditation. Bien grand mot, presque mystérieux et par avance suspect qui implique simplement de prendre l’habitude de laisser courir sa pensée sans lui imposer la moindre structure, le moindre schéma. Notre esprit est habité par nos préoccupations ; si nous le laissons passer librement d’une pensée à une image, à un ressenti, à une idée, à un souvenir, des associations se créeront naturellement dans notre esprit, sans recherche de logique mais toujours dans le cadre de nos préoccupations. Là se trouve notre plus grande puissance à associer différentes idées, différents éléments dont la logique et les liens sous-jacents ne sont peut-être pas évidents mais qui se montreront particulièrement utiles et efficaces dans notre recherche de solutions performantes ! 

Cela suppose aussi que nous organisions nos réunions bien plus comme un échange d’idées avec une grande liberté de parole et une formidable qualité d’écoute et non comme une joute où le meilleur argumenteur sera proclamé champion. L’idée de l’un plus l’idée d’un deuxième, plus l’idée d’un autre encore, donnent souvent de biens meilleurs résultats que la qualité et la logique, si bonnes soient-elles, d’une argumentation particulière.

 

François de Radzitzky, associé dans BestValue

 

Auteur : François de Radzitzky

Associé dans BestValue

Licence en Economie et candidature Ingénieur Civil